L’objectif de cette étude est de déterminer les facteurs prédictifs de bons résultats du traitement entre deux centres spécialisés, l’un à Tel-Aviv (Israël), et l’autre à Las Vegas, (Nevada), en comparant les caractéristiques des patients. 302 à Las Vegas et 492 à Tel-Aviv ont été inclus dans cette étude.
Caractéristiques cliniques
Les patients venant de Las Vegas étaient plus âgés (43,4 ± 9,4 vs 36,7 ± 8,5 ; F=105,7 ; P<0,0005) et leur durée de consommation d’opiacés était plus longue (17,5 ± 11,0 vs 13,9 ± 8,3 ; F=27,4 ; P<0,0005). Une proportion plus élevée de patients étaient positifs aux marqueurs de l’hépatite C (HVC+) dans l’échantillon venant de Las Vegas (82,5% parmi les 252 testés vs 56,9% parmi les 459 testés). Les auteurs ont également observé un nombre plus important d’analyses urinaires positives pour la cocaïne, les amphétamines, et le THC lors de l’admission des patients à Las Vegas. Les patients de Tel-Aviv consommaient plus de benzodiazépines que ceux de Las Vegas (55,8% vs 27,8%).
Résultats
Après 1 an en MMT, le taux de rétention des patients de Tel-Aviv était plus élevé que celui des patients de Las Vegas (73,6% vs 61,6%). Il n’y pas de différence significative entre les deux centres quant au nombre d’individus ayant arrêté leur consommation d’opiacés illicites (65,8% vs 64,9%).
Les patients de Tel-Aviv restaient en moyenne plus longtemps en traitement (3,3 ans CI 95% = 3,1-3,6 vs 2,1 ans : CI 95% = 1,9-2,3 ; log rank = 60,6 ; P<0,0005).
Les critères favorisant la rétention en MMT dans les deux centres étaient l’âge et des posologies de méthadone supérieures ou égales à 100 mg/jour après 1 an de traitement ou lors du dernier mois de traitement (Tel-Aviv OR [odds ratio] = 2.1, intervalle de confiance [IC] 95% = 1,6-2,9; Las Vegas OR = 1,8, IC 95% = 1,3-2,5). A Tel-Aviv, le fait de ne plus consommer d’opiacés (OR = 1,7, CI 95% = 1,4-2,2) et de benzodiazépines après 1 an de traitement permettait d’obtenir de meilleurs résultats.
Pour les patients venant de Las Vegas, les critères associés au taux de rétention était l’arrêt des consommations de cocaïne et d’amphétamines après 1 an de traitement et un âge inférieur ou égal à 30 ans lors de l’admission.
Les auteurs de cette étude, connus mondialement pour leurs travaux sur les traitements de substitution, ont constaté, dans les deux centres étudiés (Tel-Aviv et Las Vegas), que des posologies élevées de méthadone (≥ 100 mg dans cette étude) étaient associées à un taux de rétention en MMT plus important.
Ce résultat confirme d’ailleurs ceux de nombreuses études sur ce sujet.
Les auteurs concluent également que dans les deux centres, le taux de rétention n’était pas corrélé avec des consommations abusives de cocaïne ou de benzodiazépines lors de l’admission.
Les auteurs soulignent que de meilleurs résultats sont obtenus lorsque les équipes soignantes sont formées, empathiques, que la dépendance aux opiacés est perçue comme une véritable maladie, et que les posologies de méthadone sont adéquates (évaluation clinique des patients et confirmation par dosage sérique).











